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Libération
Critique

Réda, coureur cyclique.

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Le poète piéton a troqué solex et vélo contre l’imaginaire tout-terrain.

Publié le 26/04/2001 à 0h35

Ne lui parlez plus du piéton de Paris, Jacques Réda en a un peu soupé et en veut presque à Léon-Paul Fargue d’avoir écrit ce livre. Ne lui parlez pas non plus du Solex, il s’en est séparé il y a belle lurette. Un modèle 3800, avec lequel il a parcouru la France à 33 km/h. Il est parti à la recherche des sources de la Seine, a suivi les traces d’écrivains comme Chapelle et Bachaumont et surtout La Fontaine. Il a tâté de la mob, mais ce n’était pas la même chose. «Ménilmoto» qui ouvre son nouveau recueil de récits, Accidents de la circulation, raconte comment il a troqué sa mobylette avec rétroviseurs et sacoches neuves contre un vélo. Il le sort de temps en temps. Il lui rappelle que son grand-père en fabriquait sous la marque «Réda» et que son père en vendait de rutilants, quand il était enfant.

Tout fout le camp, Réda a aussi quitté le XVe arrondissement, la maison menaçait de s'écrouler. Il s'est installé rue des Pyrénées, dans le XXe, arrondissement dont la géographie escarpée ne favorise pas la bicyclette. A 70 ans et des poussières, le poète a toujours la bougeotte. La SNCF a indirectement mis fin à ses équipées en supprimant les bagages accompagnés. Il lui reste ses souvenirs: «Ma préférence va à ce que je nomme la grosse campagne. Je n'ai pas besoin de site unique. J'aime les plateaux, avec un silo à grains de temps en temps pour rythmer le paysage. Il me faut des vaches, s'il en reste, des bois, des prés. Le casse-croûte au bord d'une rivière.»

Le Lit de la reine, qui

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