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Libération

Ceci est bien une pipe.

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Publié le 03/05/2001 à 0h45

Pour celle qui commence son livre par «Enfant, j'ai beaucoup été préoccupée par des questions de nombre», l'information ne tombera pas dans l'oreille d'une sourde. La Vie sexuelle de Catherine M., double renversé, arty et germanopratin de Moi, Christiane F., droguée, prostituée, dépasse les 80 000 exemplaires, en tête des ventes à peine un mois après sa sortie. «Ces jours-ci, le rythme des sorties quotidiennes est de 5 à 6000 exemplaires» raconte à l'AFP un responsable du Seuil. La dépêche ne dit pas si l'essentiel de ces ventes se fait à Carrefour, dans les gares, les galeries d'art ou les librairies, si les acheteurs sont des hommes, des femmes, des intellos, des analphabètes, des jeunes cadres ou des vieux crades.. Donc on peut tout supposer. La réponse n'est pas forcément dans le battage médiatique unanime autour de ce livre de cul déguisé en manuel de géométrie, de surcroît rédigé par quelqu'un de très introduit dans les milieux artistiques (directrice de la rédactiond'Art press). Ni d'ailleurs dans le côté alibi intello de la chose : à l'inverse de Chirac qui lisait en cachette des recueils de Saint-John Perse dissimulés dans un Play-Boy grand ouvert, la Vie sexuelle de Catherine M., avec sa couverture très sobre et son estampille «produit cul-turel», se lirait aussi fièrement que Le Monde Diplomatique? Il semble en fait que la réponse soit beaucoup plus simple. Si on cherche bien, Catherine Millet explique elle-même la mécanique du succès de son livre. Ouvrez votre li

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