Au départ, il y a eu ce fait divers dans le journal: un double infanticide une femme tue ses enfants après leur avoir payé la fête foraine et les frites. «Le côté fête foraine et frites, j'ai trouvé ça terrible», se souvient Véronique Olmi. La brève devient le sujet d'une nouvelle qui évoluera bientôt vers ce premier roman. Née à Nice en 1962, Véronique Olmi est plus connue pour son théâtre: le Passage, «librement inspiré de la vie de la poétesse Marina Tsvetaeva»; Point à la ligne, où un vieux couple se déchire, ou encore la Jouissance du scorpion (l'Arche), sur le racisme ordinaire, qui sera lue dans le cadre du Festival d'Avignon en juillet. En 1998 paraît un recueil de nouvelles, Privée (chez le même éditeur). Dans Bord de mer, à la différence de la version originelle, l'histoire se déroule «du point de vue du narrateur», à savoir de la mère.
«Partir avec le car ils étaient heureux je crois, un peu inquiets aussi parce que je leur avais rien expliqué. J'avais prévu les blousons pour la pluie, il pleut souvent au bord de la mer ça quand même je leur avais dit, qu'ils allaient découvrir la mer.» Tout commence par un voyage, une voix de femme, dont on sent qu'elle est un peu angoissée, comme une mère, sans plus. Elle doit être de milieu modeste, n'a pas l'habitude des longs trajets. Ses fils sont bruyants. Elle a peur de se faire remarquer. La honte des pauvres. La honte de faire honte à ses enfants. Comme le plus jeune avec son «petit sourire fossette», elle n'a plus de




