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Libération
Critique

Deux ou trois choses qu'elle sait de nous

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Week-ends fichus, vacances noyées, air conditionné: Geneviève Brisac donne des nouvelles.

Publié le 07/06/2001 à 1h10

C'est trop compliqué comme titre, Pour qui vous prenez-vous?, un peu agressif même, avant d'ouvrir le livre, on se sent malmené, comme si on avait réclamé quelque chose d'indu, comme si on avait fait la queue trop longtemps à un guichet qu'une préposée acariâtre vous referme sur le nez au prétexte que c'est l'heure de sa pause, non mais des fois pour qui qui se prend cui-là? Pour Napoléon? Pour le pape? Pour Charly Gaul? Car celui ou celle qui ose demander à l'autre pour qui il se prend laisse entendre (et entend bien) qu'il se prend pour un autre, jamais pour lui-même (ce lui-même est à peine quelqu'un), non, un autre trop fort pour lui, inaccessible, immérité, un autre qui, s'il était lui, aurait ici toute sa place et auquel personne n'oserait demander pour qui il se prend. Tandis que nous, l'idée vague d'ouvrir un livre, le temps d'une pause, de le lire, pour qui on se prend?

On prend des nouvelles. Des nouvelles de Geneviève Brisac, des nouvelles des filles, des nouvelles des livres qu'elle nous donne de temps à autre et qu'on lit intimement, honoré d'approcher une parentèle humaine, drôle et douloureuse, flamboyante et dérisoire. Des nouvelles si l'on peut dire, puisqu'ici les nouvelles recueillies se parlent entre elles, elles ne sont pas tout à fait des nouvelles, mais un patchwork de roman, des histoires partagées par des protagonistes qui reviennent, repartent, s'échangent, un personnage secondaire les traverse presque toutes. On ne se méfie pas, tourneboulé par l'ap

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