Depuis Titanic au cinéma et Météorites sur M6, le film-catastrophe se fait rare. Heureusement, il y a le livre. Dans Il était minuit cinq à Bhopal, l'écrivain-journaliste mystique Dominique Lapierre, flanqué d'un acolyte espagnol, Javier Moro (un scénariste qui a travaillé avec Ridley Scott), ranime un souvenir média-mythique majeur: la catastrophe de Bhopal. Celle-ci flotte dans notre inconscient tel un vieux fût de dioxine depuis presque vingt ans (3 décembre 1984), en compagnie d'autres drames mal résolus comme les «faux-époux-Turenge» de Charles Hernu, besoin-de-rien-envie-toi de Peter et Sloane et «le-virage-de-la-rigueur» de François Mitterrand. Peuplé de corps suppliciés (entre 16 et 30 000 morts, selon les auteurs), d'yeux implorants (rougis au fer, jaunis à la compresse ou blancs parce que morts) et de sonorités barbares («isocyanate de méthyle», le produit mortel, «Union Carbide, la multinationale responsable»), ce souvenir d'actualité n'avait pas encore d'existence fictionnelle et épique donc romanesque. Forts de ses quarante millions de lecteurs à travers le monde pour la Cité de la joie, Dominique Lapierre s'est investi de la mission: redonner chair à des victimes qui n'en avaient plus. Au cours de l'enquête refaite avec Javier Moro, Lapierre a par exemple retrouvé le manomètre de la cuve E110, celle qui a explosé. L'aiguille est toujours figée à la même place comme la montre de Ray Milland dans le Crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock. Désirant manifes
Lapierre dans son jardin.
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Publié le 05/07/2001 à 23h59
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