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Critique

Dans les griffes de l'URSS.

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Requis du STO, ou «Malgré nous» alsaciens, ils furent 300 000 Français à connaître la détention en Union soviétique.

Publié le 04/10/2001 à 1h10

Vérité oubliée, les Français détenus en Union soviétique entre 1945 et 1951 se comptèrent par centaines de milliers. Requis du STO et prisonniers de guerre profitant de la débâcle allemande pour fuir à l'Est, déportés de l'enfer concentrationnaire libérés par l'armée Rouge s'ajoutèrent aux Alsaciens-Lorrains qui, enrôlés sous la croix gammée, furent pour plus de 20 000 d'entre eux internés dans les camps soviétiques. Au lendemain de la guerre, ces «Malgré-nous» nourrirent de furieuses polémiques. Les communistes louaient la célérité du rapatriement et les bonnes conditions de captivité. Leurs adversaires soupçonnaient Moscou de conserver, dans le secret de la steppe russe, des Français par milliers. La plaie, aujourd'hui encore, suppure en Alsace-Lorraine et le camp de Tambov, principal lieu de détention, s'identifie dans bien des souvenirs à l'enfer.

Une équipe franco-russe s'est efforcée de proposer un bilan équilibré. Elle montre que le rythme fut au départ rapide, le gros des troupes (plus de 300 000 hommes) étant rapatrié en France avant 1947. Quelques Français, pourtant, restaient aux mains des Soviétiques qui ne s'empressèrent guère de favoriser leur retour. Par ignorance, la différence entre Allemand et Alsacien-Lorrain n'étant pas toujours facile à saisir pour les Russes, d'autant que quelques Allemands se faisaient passer pour Français; par volonté délibérée surtout. Suivant les directives de l'ONU, Paris fut de plus en plus enclin à laisser les Soviétiques capturés

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