Le Komintern, qu'on nomme aussi IIIe Internationale ou Internationale communiste, s'est prétendu, de 1919 à 1943, parti mondial de la révolution. Et il a été de fait le pôle de référence de centaines de milliers de militants à travers la planète. L'histoire de cette organisation, fondée par les bolcheviks et qui a marqué en profondeur le dernier siècle est racontée ici à la manière du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron. Son aire d'intérêt s'est simplement élargie à la francophonie européenne. «Le choix s'est porté sur les pays de langue française (ou du moins ceux où la langue française a une place importante) d'Europe occidentale en raison de leur importance dans le dispositif mis en place par le Komintern», écrit Claude Pennetier, un des responsables du projet. Ont été insérées les biographies des militants «russes ou venus de divers pays qui ont été amenés à participer aux processus de décision, ont contrôlé sections ou directions, ont contribué à la transmission des informations comme des orientations». Cinq cents pages de notices biographiques illustrent ces choix. Autant de chapitres d'un livre des vies et des destins, d'aventures, de révoltes, de soumissions et de trahisons. Le roman d'un grand rêve concassé.
En introduction, l'historien français Serge Wolikow raconte l'histoire de ce moloch. Mais avant, il explique quelques ressorts de l'entreprise: miner le mythe d'un état-major bolchevique mondial en béton, sans contradiction, et




