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Libération
Critique

Produit d'entretiens.

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Alain Veinstein, forçat de l'interview d'écrivains, force son double romanesque à se renier.

Publié le 14/02/2002 à 22h15

On ne va pas chicaner sur le «u» du titre. Dans le dictionnaire Le Robert de l'ordinateur on peut lire qu'un interviewer est «un journaliste, reporter spécialisé dans les interviews», et un intervieweur «une personne qui fait une, des interviews», en francisant le mot, ladite personne perdrait sa qualité de journaliste, et rien ne prouve que le dictionnaire soit fondé à le prétendre. On ne regrette pas le détour car on y trouve cette idée de Gide: «Le rôle d'un interviewer, c'est de forcer l'intimité.» Veinstein a donc choisi de mettre «u» dans son titre et son héros ne force guère l'intimité de ses patients, il s'ennuie et se répète.

Le narrateur ressemble à son auteur qui s'en défend, tous deux ont pour métier depuis près de vingt ans d'interroger des gens à la radio (3 850 chacun, peut-être sont-ce les mêmes), des écrivains ou autres auteurs de livres, assez longuement, en différé, enregistrés par paquets de trois ou quatre. Le narrateur officie dans «une petite station née de la libération des ondes en 81» où son émission s'appelle Maintenant ou jamais, Veinstein à France Culture avec Du jour au lendemain, qui n'est pas oublié dans la fiction puisque, page 251, on peut lire, dans un chapitre poétiquement mis en pages, à propos de fourmis qu'on a dans les oreilles plutôt que dans les jambes: «Débitant du jour au lendemain un arbre géant/ Qui ne suffira pas à les rassasier».

La chair du livre est faite de ressassements, de répétitions et d'ennui, mille habiles notations sur

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