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Libération
Interview

Sur la route de Kerouac

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Conversation avec Gary Snyder,70 ans, un des «Clochards célestes» du pape de la Beat Generation , biorégionaliste et anarchiste zen.

Publié le 11/04/2002 à 22h59

Le nom de Gary Snyder apparaît dès 1955, quand, à 25 ans, à San Francisco, il devient une figure décisive de la Beat Generation. C'est lui qui fait le lien entre la révolte individuelle et quelque chose de plus articulé, que ce soit le bouddhisme zen ou l'anarchisme non violent. Kerouac le met en scène dans les Clochards célestes sous le nom de Japhy Ryder. «Il portait une barbiche, qui, avec ses yeux verts un peu en amandes, lui conférait un air vaguement oriental... Il était maigre, tanné par le soleil, vigoureux et ouvert, plein de faconde joviale...» Il lui fait aussi raconter sa jeunesse libre en Oregon, exprimer l'admiration qu'il porte aux syndicats américains anarchisants du début du siècle et la méfiance qu'il voue à toutes les philosophies, même bouddhistes, qui rabaissent la sexualité.

Après avoir étudié pendant presque dix ans au Japon, Snyder revient en Californie et rencontre les anciens Diggers, des activistes libertaires de San Francisco. Avec Peter Berg, Freeman House, David Simpson (1), il va fonder une nouvelle pratique écologiste, définir un concept culturel, politique, le biorégionalisme, basé sur la défense de la vie naturelle. Aujourd'hui, alors qu'il a plus de 70 ans, alors qu'il a été consacré, il y a vingt-cinq ans, par un prix Pulitzer, cette lutte est toujours sienne. Sa poésie est pleine des réflexions qu'il mène depuis toujours. Dans les Clochards célestes, Kerouac ne raconte-t-il pas qu'un jour de 1955 Japhy Ryder a décidé d'écrire un nouveau po

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