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Libération
Critique

Baie des cendres

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Nice au baiser de feu par l'auteur de «la Seiche».

Publié le 16/05/2002 à 23h29

Maryline Desbiolles écrit régulièrement des livres courts aux titres mystérieux, la Seiche, Anchise, le Petit Col des loups et, aujourd'hui, Amanscale. Chaque fois on se met en devoir d'expliquer, sinon de comprendre, pourquoi tel livre porte tel nom, et de fil en aiguille on dérive vers la fin de l'article en donnant l'impression de n'avoir pas ouvert le livre. En ces temps de précaution, l'éditeur désamorce la tentation par ces lignes au dos du livre : «Le nom de la ville, Amanscale, viendrait dit-on du mot "aisselle" en grec. Il faut en effet imaginer l'émerveillement des premiers marins grecs qui aperçurent la baie encore inhabitée ; émerveillement teinté de cette particulière mélancolie qui poigne le voyageur privé d'amante. Baie à la courbure aussi parfaite que celle que dessine le puissant mouvement d'une nageuse de crawl passant son bras au-dessus de sa tête et découvrant ainsi son aisselle, ce nid infiniment émouvant appelé à donner naissance à Amanscale». On ne sait pas assez de grec, et le bras trop court pour atteindre son Bailly, pour donner crédit à cette explication. On peut en lire un peu plus aux pages 12 à 15, et y reconnaître Nice («victoire», en grec) qui n'est jamais nommée et si chère à Maryline Desbiolles, y retrouver aussi cette manière de poète de toujours dire deux ou trois choses à la fois, dépareillées, ici une nageuse, une ville, un marin sans amante, et de donner leur harmonie pour évidente.

D'une nageuse, un marin et une aisselle, on peut faire

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