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Critique

Le vrai rêve américain

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Sous forme de dictionnaire, Michel Cordillot retrace les destins de ceux qui, chassés par l'échec du soulèvement de 1848, poursuivirent leurs luttes aux Etats-Unis.

Publié le 16/05/2002 à 23h29

Quand le soulèvement parisien de juin 1848 a été maté, quand la répression s'est abattue sur les militants ouvriers, certains ont fui les bagnes qui leur étaient promis et sont partis à l'étranger. Après le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, trois ans plus tard, d'autres ouvriers ont fui l'instauration du Second Empire. A chaque coup porté contre le mouvement social naissant, des activistes ont quitté leur pays.

Ils ont parfois traversé l'océan pour aller recommencer leur vie dans un pays neuf, les Etats-Unis. Ils y ont poursuivi leurs combats dans des nouvelles conditions et retrouvé là-bas d'autres travailleurs émigrés francophones : des Belges, organisateurs des grèves de mineurs dans leur pays d'origine et qui, poursuivis par la maréchaussée, s'étaient carapatés au-delà des mers ; des Canadiens français qui préféraient le pays de Lincoln à la domination anglaise ; et aussi des utopistes, icariens et fouriéristes, qui tentaient d'importer le paradis sur terre au beau milieu du Texas. C'est ainsi que, si «la mouvance radicale franco-américaine a joué au sein du mouvement ouvrier du Nouveau Monde un rôle bien moindre que les Allemands, les Juifs ou encore les Italiens (...), des dirigeants importants étaient issus de ses rangs.»

Ce sont les histoires souvent vertigineuses de ces aventuriers prolétaires que raconte le livre de Michel Cordillot, un dictionnaire biographique dans la manière du Maitron, article après article. En prologue, des textes brefs replacent les biog

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