Surnommée «la pharaonne» par ses pairs, il était logique que Christiane Desroches-Noblecourt s'attaque à l'une d'elles. A 88 ans, cette dame qui a sauvé des eaux le temple d'Abou Simbel et 23 autres temples nubiens, dirigé le département égyptien du Louvre entre 1974 et 1981, première femme envoyée sur le terrain en Egypte avant guerre, a choisi la reine Hatshepsout pour héroïne de son dernier livre. Bien que le personnage se prête à une épopée égyptienne assurée du succès, l'égyptologue ne tombe pas dans la facilité et réalise l'ouvrage le plus documenté jamais consacré à cette reine. «La reine mystérieuse» ne se lit surtout pas comme un roman, fourmille de détails, de croquis, de photos, de reproductions de dessins ou hiéroglyphes étayant chaque phrase. Au terme d'un parcours riche et aride, se dessine le portrait d'une souveraine qui, comme Akhénaton, fut en fait une théologienne trop novatrice pour son époque.
Pour raconter la naissance d'Hapshetsout à Thèbes vers 1495 avant notre ère, l'auteur décrit la position d'accouchement qu'adoptaient les femmes à l'époque «installée sur un siège rituel de quatre briques de terre crue, soutenue par les deux accoucheuses qui se tenaient devant et derrière elle». Fille du roi Thoutmosis Ier, Hatshepsout est très vite promise à de hautes fonctions, désignée par l'oracle du dieu Amon «pour gouverner les deux rives», elle reçoit l'éducation de l'héritière du trône et se décrit ainsi à la troisième personne: «Son apparence est celle d'un




