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Libération
Critique

Recette du goulag

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Communiste convaincu, Jacques Rossi se retrouva en Sibérie où il eut tout le temps de disséquer le système concentrationnaire.

Publié le 16/05/2002 à 23h29

Jacques Rossi est un de ces hommes dont la vie n'est pas un roman mais une épopée, un vrai résumé du XXe siècle. Né à Breslau en 1909, mais passant ses premières années entre Bourg-en-Bresse, Lyon et Paris, il n'a pas 10 ans quand sa mère épouse un riche propriétaire terrien polonais. Parti là-bas, Jacques apprend quelques langues, le polonais d'abord mais aussi l'allemand et le russe. Il s'entiche ensuite des idiomes les plus divers. Et saura en parler une dizaine. Adolescent révolté par l'injustice, il adhère au PC polonais. Ses talents de polyglotte connus, il est engagé comme agent de renseignements pour l'Internationale communiste. Il en sait vite beaucoup sur pas mal de pays mais croit encore que Staline est le Père Noël. Jusqu'au jour de 1937 où il est rappelé à Moscou d'une Espagne en pleine guerre civile. Il découvre la terreur qui s'est installée en URSS jusque dans les cercles communistes les plus convaincus. Il est arrêté, un peu torturé dans la sinistre Lioubanka, où pas mal d'autres «suspects» sont assassinés, puis est déporté vers le Goulag où il se croit condamné à rester huit années. Dans ce fin fond de la patrie du socialisme, il découvrira le cannibalisme, la trahison mais aussi le peuple russe. Notamment ces paysans innocents que le régime a juré de détruire. A leur contact, Rossi comprend qu'il n'est pas lui-même une pure victime mais le complice d'un crime contre l'humanité qui a eu la malchance de s'être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. De

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