Après errances et vagabondages, sorcellerie et divination, l'ethno-psychanalyse s'assagit et revient à ses sources: Roger Bastide et Georges Devereux principalement, ainsi que certains de leurs disciples directs dont on n'avait guère parlé jusqu'à présent.
Marie-Rose Moro, d'une génération plus jeune que les premiers héritiers, est psychiatre d'enfants et d'adolescents et elle dirige le service de psychopathologie de l'enfant de l'hôpital Avicenne. Déjà auteur de Psychothérapie transculturelle des enfants et des adolescents (Dunod, 2000) et Parents en exil (PUF, 2001), elle donne aujourd'hui ce livre qui est très marqué également par l'influence de Serge Lebovici. Selon son point de vue personnel d'observation (ce qu'elle nomme la «clinique des banlieues»), on ne peut que constater en bien évidemment !- que la France est devenue un pays multiculturel, un pays fait de cultures plurielles. Or, ayant souvent exprimé cette idée dans des colloques, Marie-Rose Moro s'est, petit à petit, rendu compte que cette pensée était politiquement incorrecte. Et que le fait d'arriver à penser l'altérité était comme frappé d'interdit dans une société où le modèle d'intégration individuel est tant prôné. Pas plus l'école que le système de soins ne savent penser cette diversité. D'où un certain nombre de ratés pédagogiques ou psychothérapeutiques. Et d'où aussi la naissance, bienvenue, de ce livre.
Geza Roheim l'avait écrit en 1943 : «Il n'existe pas d'homme sans culture.» Marie-Rose Moro a, de




