sien ? Une enquête en forme de polar sur un troublant roman familial.
Le 29 juillet 1855, un mariage pas tout à fait banal eut lieu à la synagogue de Vienne : Amalia, jeune et jolie fille, pas même dix-huit ans, épousait Jakob, quarante ans, qu'elle connaissait peu. Brave homme au demeurant était-il beau garçon ? Il ressemblait à Garibaldi dira son fils... , marié deux fois et père de deux grands fils, déjà grand-père, très peu argenté enfin. Pour Alain de Mijolla, Jakob n'était qu'un «coureur de jupons marié prématurément» (Revue internationale d'histoire de la psychanalyse, n° 6, 1993). Mariage arrangé, sans doute. Oui, mais pourquoi ? Les parents d'Amalia ne pouvaient-ils pas trouver un meilleur parti pour leur fille ?
Quoi qu'il en soit, ce mariage fut fertile : huit naissances en dix ans. L'aîné de cette nombreuse famille recomposée, Sigismund Freud (il s'appellera plus tard Sigmund, on verra pourquoi) naquit officiellement le 6 mai 1856 (l'intéressé dira que c'était en fait le 6 mars). Mais la belle affaire, pensera-t-on peut-être, que cette naissance au bout de sept mois de mariage ! Amalia s'était «mariée avant ses noces», comme on disait plaisamment à l'époque, voilà tout. Pas de quoi en faire un roman. Eh ! bien si, justement. A partir de cette configuration familiale un peu originale, en effet, le père de la psychanalyse «inventa» le concept de «roman familial». On savait déjà tout ça, dira le lecteur averti. Peut-être. Mais il existait une question que personne




