Toutes des putes sauf maman. Tous des pédés sauf papa. Et tous des cons de droite sauf moi. Le programme politique et philosophique d'Alain Soral semble résumable de façon assez simple, même si son expression littéraire et médiatique reste bien plus complexe, troublante, symptomatique que sa réactionnaire apparence. Frère de la comédienne Agnès Soral, ex-jetsetter pique-assiette des années Palace, récent pamphlétaire à succès (Jusqu'où va-t-on descendre ?), ce quadra au physique coupant et aux allures de red skin vieillissant fréquente depuis quelques années déjà les plateaux de télévision avec une certaine efficacité rhétorique. Il y est invité pour ses qualités de terroriste à vieilles dames, de misogyne/homophobe vociférant et d'animal postpunk logorrhéique dont la seule présence assure la nervosité du spectacle. «Moi, je ne fais pas salon. Je regarde les spectateurs droit dans les yeux. J'ai un truc à dire. Et peu de temps pour le dire», dit-il. Grâce à cette méthode de kickboxing télévisuel, il est l'auteur remarqué entre autres : d'un gros doigt en direction de Josyane Savigneau, la «madame Livres» du Monde, sur le plateau de Campus, l'émission de Guillaume Durand ; d'une crise de nerfs de la comédienne Anouk Aimé sur celui de Tout le monde en parle de Thierry Ardisson («Excusez-moi, mais je ne peux pas rester à côté de lui») ; et d'une explosion de standard téléphonique à France 3 après un C'est mon choix sur les femmes.
Si son ambition se réduisait à celle de bad boy




