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Critique

La Margot de Milan

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L'histoire de Cristina Trivulzio devenue princesse pour construire l'Unité italienne, romancée par Anne et Jean-Paul Martin-Fugier.

Publié le 31/10/2002 à 1h36

De la princesse Belgiojoso on connaissait davantage les traits immortalisés par le talent de Théodore Chassériau que l'action en faveur de la libération et de l'unité de l'Italie. Elevée par son beau-père, le marquis Visconti, protagoniste de la Fédération, société secrète anti-autrichienne, la jeune Cristina Trivulzio fait montre d'une maturité politique étonnante, pour son âge, sa «condition de femme» et son époque. La voilà, travestie en homme, prêtant serment à la Charbonnerie. Elle se prend à rêver d'unir oppositions populaire et aristocratique et pour ce, décide d'épouser le prince Belgiojoso, haute figure de la noblesse milanaise, chanteur d'opéra et séducteur de renom. A l'évidence, il y avait là matière à faire passer la princesse du statut de personnage historique à celui d'héroïne romanesque. Tel était le projet de Jean-Paul Martin-Fugier ; sa mort en 1994 sembla y mettre un terme. En retrouvant le manuscrit de son mari, l'historienne, spécialiste du XIXe siècle, de ses salons et de ses actrices, décida de l'achever, tel qu'il l'avait conçu. On ouvre donc émus par cet ultime et touchant quatre mains ce livre qui oscille sans cesse entre biographie et roman. Le second semble l'emporter au fil des pages : le rôle historique de la princesse qui parcourt l'Europe jusqu'à ses confins orientaux d'alors, au gré des exils et des espoirs de soutien, souvent déçus, retient moins l'attention que ses écarts comportementaux à la norme rigide de l'époque qui ne peut brider sa s

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