Titulaire de l'imposante chaire professorale «Meyer Schapiro» à l'université de Columbia (New York), Rosalind Krauss persiste à croire qu'il est possible de faire de l'histoire de l'art contemporain, catégorie paradoxale que d'aucuns balayent encore d'un revers de main. Quoi ! L'art contemporain pourrait être l'objet d'une histoire, voire même d'une théorie ! Yes.
Après la sculpture, l'avant-garde, le «photographique», «l'informe» (liste non exhaustive) Rosalind Krauss a placé son curseur sur le modernisme. Ou plutôt : «mon» modernisme, comme elle l'affirme dans l'Inconscient optique, qui fut publié en 1993 dans sa version originale (beaucoup plus élégante que la traduction française : The Optical Unconscious, MIT Press). «Son» modernisme offre une version radicalement différente de l'art moderne raconté schématiquement, comme une «histoire qui va de l'impressionnisme à l'abstraction en passant respectivement par le post-impressionnisme, le fauvisme, le cubisme». SonÊmodernisme, plus structural qu'historique, est celui d'une «vision en contact avec ses propres ressources». Il est une construction, non de l'objet d'art, ni de la perception, mais de la vision elle-même.
Rosalind Krauss poursuit ici, sans doute, le travail accompli par Hubert Damisch sur «l'origine de la perspective», avec cette optique des peintres, puis des géomètres qui élaborèrent, non sans allers-retours, un modèle durable pour la vision. De son côté de l'Atlantique, elle tente de faire jaillir les dessous p




