Si le conflit israélo-arabe n'a guère déserté la une des quotidiens depuis 1948, la logique des guerres opposant depuis plus d'un demi-siècle Ismaël et Israël n'apparaît pas toujours clairement aux yeux du public, aussi averti soit-il. Les préférences partisanes ne contribuent guère à éclairer des jugements que dominent les passions. L'imposante synthèse que l'Israélien Benny Morris consacre à ces enjeux tombe donc à point nommé : outre qu'elle replace le drame proche-oriental dans sa durée, elle offre des points de vue parfois iconoclastes sur une question brûlante.
Le «nouvel historien» (lire ci-contre) montre bien que le sionisme, en ses débuts, s'est imposé sur une terre où il était pour le moins minoritaire moins de 15 000 juifs vivent en Palestine en 1880. De ce point de vue, le sionisme constitue bien une entreprise de colonisation qui suscite, côté arabe, des réactions contrastées. Les Palestiniens tendent à freiner une dynamique qui les spolie et les heurts, avant comme après la Première Guerre mondiale, sont légion entre les deux communautés. Voilà qui dissipe l'image mythique d'une cohabitation harmonieuse entre les deux camps dont aucun, au vrai, ne plaidait, déjà à l'époque, pour une coexistence pacifique. Les populations arabes, ceci posé, ont largement encouragé le mouvement. N'ont-elles pas vendu librement leurs terres, bénéficiant au passage des plantureuses hausses foncières qui marquèrent l'avant-guerre, amenant le foyer juif à se renforcer ?
De fait, l'en




