Hanns Erich Kaminsky était un jeune juif allemand de gauche qui avait fui Hitler et s'était réfugié à Paris. En 1936, il est attiré par ce qui se passe depuis juillet en Catalogne. La réplique ouvrière au pronunciamento des généraux Mola et Franco y a été particulièrement forte et s'est transformée en véritable révolution. Kaminsky passe la frontière et descend du côté de Barcelone. C'est le récit de ce voyage qui fut publié en France en 1937, alors que Franco avait pris l'avantage, que les communistes et leurs maîtres soviétiques avaient anéanti les acquis des communes, et mis hors la loi ceux qui les critiquaient.
Quand Kaminsky débarque, Barcelone pense encore reprendre le flambeau que Moscou et Petrograd ont éteint. L'ambiance semble prometteuse. De repas populaires en tribunaux du même métal, le proscrit croit voir vibrer l'âme du prolétariat. En novembre, il est là quand le peuple enterre son héros, Buenaventura Durruti, qui vient de mourir au front à Madrid. La foule est compacte, émue, pour écouter Garcia Oliver, compagnon de Durruti et ministre de la Justice de la République, appeler à la poursuite de la lutte. Le président de la Generalitat, qui sera plus tard, après la défaite, livré par Pétain à Franco qui le fera mourir, prend également la parole. Même le consul soviétique à Barcelone lâche en catalan: «Mort au fascisme». Il sera bientôt rappelé à Moscou, torturé et fusillé.
Kaminsky va voir les volontaires étrangers. A Barcelone, ce sont avant tout des anarchiste




