L'aînée est née le 26 septembre 1892 à Moscou, la cadette deux ans plus tard, un 14 du même mois. On connaît bien l'aînée que la cadette appelle Moussia puis Maroussia , c'est la grande poétesse russe Marina Tsvétaeva. On gagne à connaître la petite soeur, Anastassia que ses proches appelaient Assia. Si ses romans et récits restent à traduire (ils connurent de grands succès en Russie, furent appréciés de Pasternak), voici que paraissent ses abondants Souvenirs, écrits sur le tard (elle est morte presque centenaire en 1993). Le sous-titre aurait pu être «les deux soeurs» tant ces deux là furent proches, petites on les surnommait «les soeurs siamoises.»
Nous sommes en 1908-1909, à mi-livre. Elles ont 16 et 18 ans. La mère est morte (phtisie, «cela sentait le seringat et les médicaments»), elle qui donna aux soeurs Tsvétaeva le goût de la musique et celui des mots («depuis nos premières années : la passion des mots au sens propre, peut-être pour les lettres qui les composaient. Le son des morts remplis à ras bord de leur sens nous procurait une joie absolument matérielle»). Le père, fondateur de ce qui se nomme aujourd'hui le musée Pouchkine (le grand musée moscovite) a des difficultés avec sa hiérarchie. Les deux soeurs sont ballottées entre les lycées et les gouvernantes. Elles ont séjourné en Italie, en Allemagne, en Suisse, Marina est revenu de Paris où «les maisons touchent les étoiles, et le ciel est plus bas» (un poème, plus tard) où elle a étudié à l'Alliance français




