Au vu des nombreuses études qui lui ont été consacrées, le fascisme italien est aujourd'hui bien connu. L'étude que Salvatore Lupo consacre à «la politique dans un régime totalitaire» apporte pourtant du neuf. L'auteur porte son regard sur les provinces où les seigneurs du squadrisme n'entendent pas obéir aux injonctions du centre sans mot dire. Il pointe également les origines de gauche du fascisme ce qui n'est pas nouveau mais en analysant le personnel politique ce qui l'est plus. Il montre que la violence politique permet de cimenter une identité collective auprès d'une base nostalgique de la Grande Guerre et des expéditions punitives des débuts. La violence permet aussi de dénouer les querelles de factions que le pouvoir ne veut ou ne peut trancher. Ce constat amène Lupo à réévaluer la part des éléments radicaux.Si le régime peut donner l'impression de s'assagir en s'alliant avec la droite traditionnelle, ce sont bien les éléments les plus extrémistes qui, quand le péril menace, relancent la machine. Après l'assassinat de Mattéotti, en 1924, Mussolini ne sort de sa torpeur que grâce aux pressions qu'exercent les squadristes. Et dans les années trente, l'antisémitisme dont le fascisme avait étéÊjusque lors exempt offrira le prétexte rêvé pour relancer un radicalisme assoupi. Les squadristes reprendront du service lors de la sanguinaire République de Salo. L'ouvrage offre une foule de réflexions parfois novatrices et souvent stimulantes. En revanche, le lecteur p
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Factions fascistes
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Salvatore Lupo. Le fascisme italien. La politique dans un régime totalitaire.
Publié le 08/05/2003 à 22h55
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