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Libération
Critique

Les pieds de la plante

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Lorsqu'un savant fou rend les végétaux mobiles, ils s'enfuient sur la route du crime.

Publié le 29/05/2003 à 23h12

Les livres de science-fiction sont des blagues, surtout lorsqu'ils viennent, comme ici, d'un écrivain qui a plusieurs plumes dans son carquois, et dont la folie a d'autres ambitions que de croire à ce qu'il écrit. Ce sont des blagues tristes quand elles ne prétendent que donner des leçons, des blagues gaies quand elles donnent des frissons, de sacrées bonnes blagues lorsqu'elles font rire, peur et réfléchir comme ce Jardin fatal. Elles doivent être incroyables mais fausses. Invraisemblables et crédibles. Et, puisqu'à l'instar des romans policiers on ne saurait révéler la fin, disons que les trois premiers quarts du livre sont formidables et que du quatrième, on n'a rien le droit de dire.

Patrick Cauvin est un professionnel, il ne se lance pas dans cette aventure sans son savant fou, sans sa découverte scientifique géniale et simple comme bonjour. Alan, qui sert de fil conducteur, parfois de narrateur, et, pourquoi pas, de héros, voire de martyr, n'est pas ce savant fou, savant oui, mais pas fou, chercheur dans la filiale française d'une multinationale de biochimie, la Rexmond. Au contraire, il est charmant, drôle, amoureux de sa femme Hélène, de son fils Max-Max et de son chat Olibrius qui finira bien mal. Ces chapitres de vie familiale appartiennent à la littérature légère et soignée, comme en retrait du cataclysme qui se prépare pour en donner par contraste l'exacte mesure. Non, le savant fou, c'est Antoine, il ne le fait pas exprès, il a juste du génie, travaille avec Alan

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