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Libération
Interview

Adolescents de père en fils

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(Entretien avec le fils)

Publié le 05/06/2003 à 23h16

Vous aviez toujours dit que vous n'écririez pas d'autobiographie.

J'ai longtemps pensé qu'une autobiographie était quelque chose qu'on écrivait à un âge avancé, quand on avait épuisé l'essentiel de son énergie et qu'on n'était plus capable de rien d'autre. C'est moins exigeant qu'un roman, il n'y a pas d'effort à faire pour imaginer un monde puisque le monde est déjà là et vous avez pour vous aider quelque chose qui n'existe pas dans le roman, la vérité. Je pensais donc que ce serait une perte d'énergie, et un immense orgueil, d'écrire ce genre de chose avant la fin de ma vie.

Vous avez changé d'avis.

Quand j'ai commencé à écrire, j'étais encore très marqué par la mort de mon père, je n'aurais sans doute pas pu écrire de roman. Et puis, ce n'est pas une autobiographie, plutôt des mémoires : ce livre n'est ni chronologique ni exhaustif. J'ai réalisé que c'était la seule manière dont je pouvais le faire, ça me permettait d'être plus proche du roman, je pouvais me laisser guider par des thèmes et des idées, plutôt que par la lente avancée du temps.

Dans Expérience, il y a aussi de nombreuses notes de bas de page, qui sont comme des petits essais. Elles sont là pour répondre à une autre vague ambition de ce livre : montrer comment fonctionne l'esprit d'un écrivain. Vous êtes sur un fleuve et, de temps en temps, vous remontez de petits affluents, avant de revenir au courant principal. Lorsque des idées arrivaient, je les mettais dans des notes pour ne pas interrompre le courant de la

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