Menu
Libération
Critique

Oeil Daeninckx.

Réservé aux abonnés

Auteur de polars, Didier Daeninckx a pour habitude de se mêler d'Histoire et des histoires des autres. Il nous raconte la sienne.

Publié le 12/06/2003 à 23h21

Trois livres de Daeninckx, et même quatre avec la reprise en Folio de 12, rue Meckert, et dans deux d'entre eux quasiment la même phrase, comme un art poétique : «C'est toujours ainsi que j'ai procédé : jeter des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité. Un peu comme on traverse un torrent en s'appuyant sur des rochers épars», ici c'est Jean-Luc Mestrem qui parle, narrateur et vieil enquêteur sur le retour au pays de Les corps râlent, il faut entendre «les chorales», deux majorettes ont été jetées du haut d'une falaise et il lui faudra reconstituer le choeur ancien pour trouver le coupable. Là, sur la quatrième de couverture du recueil de nouvelles de la collection blanche de Gallimard, Daeninckx, qui avait tant fréquenté la Noire, a laissé reproduire ceci : «La méthode est simple : jeter des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité, comme on franchit un torrent en s'appuyant sur des rochers épars.» La phrase d'avant, il était précisé : «L'or romanesque est partout, il suffit de repérer la veine.» C'est ainsi qu'écrit Daeninckx, l'oeil aux aguets, toujours en repérage et en veine, il lit les histoires sur les murs de nos villes, des banlieues, sur l'Internet, dans les bibliothèques, les journaux, la curiosité lui tient lieu d'imagination, et l'imagination, ainsi libérée, lie la sauce, ourdit le scénario et transforme en histoire, noire le plus souvent, des lambeaux d'Histoire, malmenés par le temps. Le métier est en lettres rouges sur la couverture blanch

Dans la même rubrique