Le premier livre s'intéresse aux explorateurs, le second au «Paris arabe» mais les deux ont le même point de départ : l'expédition de Bonaparte en Egypte qui «permit à des centaines de savants, de dessinateurs (...) la publication des merveilles de la région», écrit Antoine Lefébure dans Explorateurs photographes. Alors que le Paris arabe (1) fait remonter les relations de Paris avec le monde arabe à l'expédition de Bonaparte en Egypte «qui a fortement marqué les esprits». Les deux livres (publiés par le même éditeur) couvrent des périodes historiques qui débutent à peu près en même temps (1830 pour le premier, 1850 pour le second) et les deux s'intéressent à l'image et à la représentation. Il n'y a donc rien d'extraordinaire à découvrir que les deux traitent finalement du même sujet : le regard du colonisateur sur le colonisé, ou la représentation du colonisé par le colonisateur. Même colonisé doit être compris au sens large : bien sûr, le Sikkim n'a jamais été colonisé par la France.
Dans Explorateurs..., le colonisé (ou indigène) est représenté dans son environnement «naturel» ; le Paris arabe, comme son nom l'indique, nous le montre au contraire vivant ou séjournant à Paris. Mais, dans les deux cas, quasiment chacune des photos présentées, en tout cas jusqu'aux années 30, est mise en scène et posée. Il est bien sûr inutile de surinterpréter (c'est de cette manière que se prenaient la plupart des photos de l'époque), mais on ne peut s'empêcher d'y voir une manifestation de




