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Libération
Critique

Comme en 40

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La débâcle française ne doit rien à une stratégie hitlérienne de «guerre-éclair».

Publié le 09/10/2003 à 1h18

Dans la galaxie des légendes, la «guerre-éclair» qu'Adolf Hitler aurait censément livrée en 1940 occupe une place de choix. Résumons : pour éviter que l'Allemagne, comme en 1914-1918, n'épuise ses hommes et ses richesses, le Führer aurait inventé une stratégie consistant à emporter la décision en un minimum de temps. En frappant l'adversaire à son point faible (Sedan) et en employant des moyens modernes (le couple char/avion), l'Allemagne s'épargnait les affres d'une guerre interminable que ses ressources, insuffisantes, ne lui permettaient pas de gagner. Cette thèse ne résiste pas à l'examen. Misant sur la passivité des démocraties occidentales, Hitler ne s'attendait pas à la déclaration de guerre et n'avait, par conséquent, en rien préparé un quelconque Blitzkrieg. De plus, le potentiel militaire allemand était inférieur aux forces que déployaient les Alliés, qu'on envisage ce rapport de forces en termes d'avions ou de blindés. La campagne de Pologne, en septembre 1939, avait, par surcroît, épuisé les forces nazies. Certes, un plan hardi, conçu par le stratège Manstein, avait envisagé dans ses grandes lignes la campagne de France telle qu'elle devait finalement se dérouler. Mais Hitler comme son état-major reculaient devant son adoption. A telle enseigne que, quand les Panzers percèrent, ils avancèrent, tel Rommel, en désobéissant aux ordres qui tentaient de les freiner, mi-mai une première fois, devant Dunkerque une seconde. Le succès des armées allemandes découle dès lor

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