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Libération
Critique

La plume Hillerman

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L'autobiographie du chantre des Navajos, modeste et fier de l'être.

Publié le 06/11/2003 à 1h45

Qui a eu le plaisir de côtoyer Tony Hillerman sait que l'homme est attachant et d'une simplicité confondante. A good ole boy, comme l'on dit dans les chansons country and western, dont, musicien frustré («je rêvais de devenir guitariste mais l'instrument que je parvins à dominer le mieux fut la grosse caisse»), il ne s'avoue pourtant guère friand. La crème des hommes, traduirait-on par ici, un type toujours prêt à positiver, à tirer bénéfice de la plus contrariante des situations. Autant dire que la lecture de son autobiographie au titre par ailleurs explicite (Rares furent les déceptions) laissera l'amateur de révélations croustillantes quelque peu sur sa faim.

A l'en croire en effet, Tony Hillerman a vécu, jusqu'à présent, une existence tellement harmonieuse qu'il en viendrait presque à nous agacer. Et lorsqu'une rare tuile s'annonce dans le paysage idyllique qu'il décrit, celle-ci est si énorme qu'elle prête à sourire. Ainsi cette réaction de l'agent littéraire à laquelle il venait de proposer son premier roman : «Je n'ai nul désir de le soumettre à qui que ce soit, m'annonça-t-elle. Pourquoi ? Parce que c'est un mauvais livre. Je dois penser à votre réputation en même temps qu'à la mienne. Pourquoi est-il mauvais ? Parce qu'on ne sait pas où le situer, il est à mi-chemin entre la littérature dominante et le roman policier. Impossible d'en assurer la promotion. Et sur quel rayonnage les libraires vont-ils le placer ? Cantonnez-vous dans le domaine essais et documents, me c

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