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Critique

Appâter le chalut .

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Les aventures érotiques et poissonnières de deux Bretonnes déboutonnées.

Publié le 05/02/2004 à 22h47

La Bretagne, son climat hérisse-poils, ses côtes crades, chocolatées au mazout, ses pêcheurs en voie d'extinction. Au bout, à Tribidec, les soeurs jumelles Frossec, Gaëlle et Gwenaëlle, fraîchement majeures. Elles sont venues au monde «à la faveur de l'Amoco-Cadiz. La catastrophe, interdisant toute pêche, avait astreint à demeure les autochtones. A défaut de faire jouer les assurances, ceux-ci avaient coïté pendant une éternité». Dès l'enfance, les deux jolies soeurettes ont d'ailleurs suivi un catéchisme poissonnier, lu la grande bible à écailles, et fini par reprendre le chalut de la famille ; une famille qui a vécu par le poisson, et est morte par lui, dans divers naufrages. Gaëlle et Gwenaëlle pêchent. Sinon, il y a le sexe, qu'elles découvrent ensemble, recluses sur leur chalut, et encore par l'observation des poissons, qui ont la particularité de pratiquer toutes les formes de baise. L'appétit des deux soeurs pour la chose croît d'ailleurs à mesure que leurs filets remontent quasi vides.

Bientôt, elles décident de changer de cap. Fini de pêcher, elles vont monter à Paris et tenter la reproduction, à échelle humaine, de la supersexualité des poiscailles. On reste dans le milieu marin, d'un peu plus loin.

«Telles deux huîtres songeuses et inquiètes, accrochées au poteau de leur destin commun», elles débarquent dans la grande ville, dont elles ne connaissent rien. Hormis un lointain cousin, Yann, qui tient un sex-shop bigouden. Plutôt que de faire des crêpes, il vend des go

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