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Interview

Ce qu'on sait du caducée

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Inédit et remontant, un «Dictionnaire de la pensée médicale» dirigé par Dominique Lecourt.

Publié le 26/02/2004 à 23h27

Mais que diable viennent faire «magie», «musique» et «cocaïne» dans un Dictionnaire de la pensée médicale ? La même chose que les «infections nosocomiales» et le «secret médical», autres entrées de l'ouvrage : nous montrer d'où vient la médecine d'aujourd'hui, et où elle pourrait éventuellement aller. Le pari du philosophe Dominique Lecourt, coordinateur de ce dictionnaire inédit, est ambitieux. De A comme acharnement thérapeutique à Z comme zoonose, il s'agit ni plus ni moins que d'«insérer la pensée médicale dans la culture générale». Les moyens sont ad hoc : cinq ans de travail ; 200 auteurs, français ou étrangers, de toutes spécialités (médecins, juristes, sociologues, historiens, philosophes...) pour, au final, quelque 317 articles. On apprend, par exemple, que les débuts des statistiques, au XIXe siècle, purent enfin contester une bonne partie des guérisons attribuées à la saignée et faire cesser d'inutiles effusions de sang. On découvre aussi que, dans les années 70, le transsexualisme a été considéré comme «un des problèmes bioéthiques et médicaux les plus vertigineux qui soit», notamment parce que c'est un état autodiagnostiqué, dont le traitement ne peut être qu'autoévalué. Pour autant, ce dictionnaire n'est pas qu'une brillante histoire de la médecine et de ses mutations. Au contraire, l'ouvrage interroge au moins autant qu'il rassasie. Extrêmement riche et complet ­ parfois aux dépens de l'accessibilité aux non-professionnels ­, il ravira tous les passionnés, fas

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