Menu
Libération
Critique

La stature d'Eugène Sue.

Réservé aux abonnés

Réédition des sept premiers épisodes des «Mystères du peuple», feuilletonesques à souhait.

Publié le 11/03/2004 à 23h41

Lorsqu'il entame en novembre 1849 la rédaction des Mystères du peuple, Eugène Sue est devenu une grande figure publique. Le succès phénoménal des Mystères de Paris, publiés dans le Journal des débats en 1841-1842, et celui du Juif errant paru dans le Constitutionnel trois ans plus tard, ont fait de lui un maître du roman-feuilleton, plébiscité en France comme à l'étranger. Mais l'écrivain a également débuté une carrière politique. Converti au socialisme, l'ancien dandy légitimiste s'est mué en actif propagandiste de la République démocratique et sociale, dont il salue l'avènement en février 1848. Vilipendé par la droite, qui l'accuse de corrompre le peuple par des récits subversifs, il est élu député de la Seine en mai 1849. Sa plume, dès lors, se confond avec son engagement, et c'est dans cette perspective qu'il faut comprendre l'entreprise des Mystères du peuple.

L'objet en est vertigineux, puisqu'il s'agit rien de moins que de reconstituer l'Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges, en l'occurrence celle des Lebrenn, que l'auteur nous présente en la personne de Marik Lebrenn, marchand de toile dans le Paris de 1848. Etrange marchand en vérité, qui conspire la nuit en faveur de la République, et dont l'arrière-boutique évoque le «cabinet d'un antiquaire» : 18 manuscrits, assortis de 18 «pieuses reliques», y sont entreposés et constituent les archives de la famille. Dès lors, les Mystères du peuple déroulent les 18 épisodes d'une turbulente histoire familiale

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique