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Libération
Critique

La dialectique a cassé

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Vus de l'intérieur et de l' extérieur, deux essais disent les progrès discontinus de la démocratie dans l'empire du Milieu.

Publié le 18/03/2004 à 23h48

Ces deux livres ont un grand mérite : ils tordent le cou à un préjugé parfois tenace selon lequel les Chinois ne seraient pas mûrs pour la démocratie ou, pire encore, que leur respect ancestral de l'autorité serait incompatible avec la liberté politique. Le chemin qui conduit difficilement la Chine vers la démocratie semble pourtant à la fois proche de celui emprunté par l'Europe et très différent. C'est ce que montrent fort bien Cheng Yingxiang et Jean-Philippe Béja, qui traitent en partie du même sujet : le mouvement pour la démocratie après 1978 et son échec, symbolisé par la lourde répression de la place Tiananmen en juin 1989. Leur approche est cependant totalement différente. Alors que Jean-Philippe Béja retrace et analyse les vicissitudes du courant démocratique en observateur extérieur, Cheng Yingxiang donne la parole à des intellectuels et réformateurs chinois qui ont participé à ces événements.

Un thème fort qui parcourt ces deux ouvrages est que les élites chinoises n'ont pas attendu l'après-Mao et l'ouverture vers l'Occident pour découvrir la démocratie et les droits de l'homme. Jean-Philippe Béja rappelle l'importance du mouvement du 4 mai 1919 dans l'éclosion d'un combat pour les libertés de la presse et d'opinion. Ce «drapeau des militants du 4 Mai» est repris à l'époque maoïste, après 1949, car jamais le PC n'a réussi à exercer un contrôle absolu sur la société. Les opposants, très minoritaires, profitent en particulier des luttes entre factions au sein du pou

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