Après avoir évoqué, dans son opus précédent, les tempêtes de la guerre et les eaux plus calmes de la traversée du désert, Philippe de Gaulle aborde, dans le second tome, la période élyséenne de son illustre père. Le livre revient, bien sûr, sur les événements qui marquèrent la république gaullienne, de la crise algérienne à Mai 68 en passant par les relations pour le moins complexes que le Président entretint avec son dauphin, Georges Pompidou. Sur ces épisodes bien arpentés par les historiens et les mémorialistes, le lecteur informé apprendra peu, les entretiens n'apportant ni révélations fracassantes, ni analyse originale. Les événements de mai 1968 sont ainsi classiquement présentés comme l'oeuvre d'un complot étranger, ce qui paraît un peu court. Rendons cependant grâce à l'éditeur. Peu d'erreurs historiques sont à déplorer, la maison Plon ayant dû procéder à une relecture attentive du texte qui n'avait de toute évidence pas été opérée pour le premier tome. Philippe de Gaulle offre, en revanche, un portrait intime de Charles de Gaulle qui mérite l'attention. Il éclaire ainsi les rapports ambivalents que le Général nourrit envers l'armée, se penche sur la foi du premier des Français, et s'efforce de définir le caractère d'un père et d'un grand-père dont le moins que l'on puisse dire est qu'il fut intimidant.
La fascination qu'exerce l'ouvrage sur un lectorat imposant pourrait alors s'expliquer par le recours à deux ressorts classiques : l'humanisation du grand homme et la




