Un homme, le narrateur, témoigne de sa rencontre avec l'enfant. Un enfant malade, «habité par la catastrophe», un gamin bien assez vieux pour mourir. Quand l'homme s'est inquiété auprès du médecin, elle lui a répondu «qu'une grenade dégoupillée fatiguait son cerveau, mais il ne souffrait pas. Il peut seulement devenir fou». Cet engin dans sa tête, c'est une tumeur. Tout de suite, explique l'enfant, «j'aimai son nom presque magique : tumeur, je le prononçais en deux temps, je m'adressais cette injonction. Tu meurs». L'enfant n'en a plus pour longtemps, ne verra pas ses dix-sept ans. Alors il l'a appelé, le narrateur, pour parler, pour faire «une bible minuscule, mais une bible tout de même, un livre». Des choses à dire, c'est une espèce de messager. D'ailleurs, il a toujours été trop vite. «A quatre ans il avait presque dix ans, un bègue de la vie. Il se précipitait vers la terrible sortie.» Une évidence, il faut parler, dans cet hôpital où «lentement chacun se résigne à vivre encore un peu, vers minuit on se retourne dans les lits et on pleure». L'enfant a quelque chose à dire avant de mourir, de vital ; un secret à souffler, dernier souffle. «Comme s'il y avait un secret quelque part à découvrir. Il n'y a pas de secret. Tout est là, visible, sous nos yeux. Rien à déchiffrer. Rien ne peut être déchiffré. Enigme absolue.» Michel Butel, 64 ans, écrivain, journaliste, éditeur, fondateur de l'Autre Journal (qu'il doit relancer incessamment), tient 50 pages durant un enfant par l
Critique
L'enfant d'un Autre.
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Publié le 16/09/2004 à 2h09
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