Bangkok envoyée spéciale
Reconnaissons-le, la littérature thaïe est assez peu connue en dehors de son pays d'origine. En fait, elle serait totalement inconnue sans deux hommes : Ujiro Ewaki, qui a traduit un certain nombre de nouvelles en japonais. Et Marcel Barang, qui traduit romans et nouvelles vers le français et l'anglais. C'est tout (en dehors de quelques amateurs qui traduisent occasionnellement une ou deux nouvelles). Pouvoir lire Une histoire vieille comme la pluie en français relève donc d'un petit miracle, ou en tout cas d'un concours de circonstances, pour le moment unique, qui recoupe exactement la biographie de Marcel Barang. Il y a une trentaine d'années, ce Français âgé de 59 ans aujourd'hui, était professeur d'anglais dans un collège de la région toulousaine ; dans une deuxième vie, après avoir quitté la France pour l'Asie, il est devenu journaliste basé à Bangkok, et c'est il y a onze ans seulement qu'il est devenu traducteur.
Il vit en Thaïlande depuis 1978, mais c'est en 1993, alors qu'il s'ennuie dans son travail pour le groupe de presse Manager, qu'il entreprend de lancer la collection «Thai modern classics», pour laquelle il sélectionne les 20 meilleurs romans contemporains et commence à les traduire pour les publier en anglais, chez un éditeur thaïlandais. En 1997, dix sont déjà traduits quand la maison d'édition implose, en même temps que toute la bulle économique asiatique. Fin (provisoire) de la collection. Marcel Barang décide alors de passer à sa l




