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Critique

Nothomb, une faim en soi.

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La faim est-elle le comble du désir? Autobiographie de la fameuse affamée.

Publié le 30/09/2004 à 2h21

Biographie de la faim est un roman à clé. Mais ce n'est pas un roman et la clé est sur la porte puisque le seul renseignement qui est fourni au lecteur sur le dos du livre, avant qu'il l'ouvre, est celui-ci, entre guillemets (c'est une citation de la page 22) : «La faim c'est moi.» L'affaire est entendue, si l'auteur fait la biographie de la faim et que la faim c'est elle, Biographie de la faim est son autobiographie. Et cela tombe plutôt bien, car les livres de Nothomb qu'on préfère s'occupent d'Amélie. On ne sait pas si elle les publie dans l'ordre de leur écriture (elle dit en avoir une petite vingtaine d'avance), on constate qu'ils sortent dans le désordre du fil du temps comme si le temps lui donnait son fil à retordre.

Biographie de la faim trouvera sa place dans votre puzzle nothombien entre Stupeurs et tremblements et la Métaphysique des tubes. Notons bien que ces deux-là, déjà, avaient paru dans l'ordre inverse des aiguilles de notre montre, le premier racontait l'expérience de l'auteur, stupéfiante et tremblante, dans une entreprise japonaise lorsqu'elle avait vingt ans et plus, le second disait qu'une enfance à Kobé relève autant de la mécanique des fluides que de l'ontologie des tuyaux. Biographie de la faim reprend le lecteur là où la Métaphysique des tubes l'avait laissé, sous la goulée d'une petite fille de trois-quatre ans, alcoolique à force de finir les coupes de champagne des soirées de l'ambassadeur («Mes parents avaient la mondanité pour métier», page 53)

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