Les volumes de correspondance sont parfois barbants. Celui-ci, qui recueille les missives que Guy Debord a envoyées à ses amis et à ses ennemis entre le début 1969 et la fin de 1972, juste après la dissolution de l'Internationale situationniste (IS), est souvent passionnant. La période y est pour beaucoup. Le style vif de l'expéditeur aussi. En 1969, l'IS, qui a douze ans d'âge, et celui qui apparaît à beaucoup comme son leader, ont acquis une réputation impressionnante. Pour beaucoup de jeunes révoltés et certains journalistes, ces agitateurs mystérieux, qui ne se font connaître que par leurs oeuvres, grafittis, lettres d'insultes, textes vengeurs, sont les instigateurs souterrains de Mai 1968. Et il est vrai que les grèves de ce printemps-là ont correspondu aux voeux de Debord, partisan d'une révolution qui balaierait le capitalisme et toutes les bureaucraties, syndicale, gauchiste ou stalinienne. D'où l'optimisme qui imprègne les premières lettres de ce volume IV. Quelques mois ont passé, le rêve persiste.
Pas longtemps. En France, malgré des grèves sauvages, des crises, le mouvement s'éteint lentement mais sûrement. En Italie, où il est plus insistant, il sera désorienté par les provocations, les attentats (comme ceux de Rome et de Milan de décembre 1969) et la répression. Ajoutez à ceci que l'Internationale elle-même ne se révèle pas en mesure d'affronter ses tâches, et vous comprendrez le ton agacé d'une grande partie de ce livre. Après avoir repris le chemin de l'Inter




