Nils Immarskjöld Dugay, dit «Nid», excelle dans les choses qu'il n'aime pas faire : «Il enseigne le droit et le droit l'ennuie. Il fréquente un milieu qu'il ne songe qu'à fuir. Il est malade de son métier. C'est pour se faire pardonner cette duplicité quotidienne qu'il accomplit ce dernier avec un grand zèle.» Il a néanmoins des compensations, une vie de couple, de famille même : une femme délicieuse, deux fillettes adorables. A trente-trois ans, aucune résurrection ne l'attend, l'autoroute du bonheur, «selon les conventions du genre» («plan-épargne logement», «et encore assez pour satisfaire en fin de semaine mes désirs d'acheteur compulsif»), est tracée, balisée, sans encombrement. Mais Nid a une ambition secrète. Il veut écrire. Dans son ordinateur, à côté des dossiers «cours», il a créé un dossier «roman», celui qu'il n'arrive pas à commencer. Alors, le soir, il raconte à ses petites «l'histoire affreuse de l'abominable Yagudin». Jusqu'au jour où tout bascule, et tout se passe comme si le monstre sanguinaire s'était échappé de sa légende. Le fleuve tranquille de son existence de prof de droit à la fac de Toulouse fait des remous.Le monde part en quenouille : attentat du 11 septembre, explosion d'AZF, une étudiante islandaise très sexy lui sourit bizarrement. Philippe Ségur prouve un solide sens de la dérision, confer le tableau du jury de thèse : «Hirschmann (de Paris) commence à parler. Sa voix d'abord est faible, presque inaudible. C'est sans doute pour forcer l'audito
Critique
Le conte de Ségur
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Un juriste joue à l'égorgeur égorgé.
Publié le 07/10/2004 à 2h28
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