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«Je m'intéresse à mon village, pas aux informations»

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A Trompsburg, son village natal, Karel Schoeman vit cloîtré. Loin des honneurs et des bruits du monde.

Publié le 04/11/2004 à 2h52

Trompsburg (Etat libre d'Orange) envoyée spéciale

«Je dois vous prévenir, je déteste la publicité, je mène une vie calme et recluse, et tout ce que j'ai à dire je l'ai dit dans mes livres. Merci de ne pas me poser de questions personnelles. Voici des indications précises pour venir chez moi, mes voisins ne renseignent jamais les gens qui me cherchent.» Karel Schoeman ne reçoit plus les journalistes depuis belle lurette. Il fait une exception pour la sortie en France de la Saison des adieux. Sur la route de Trompsburg où il est né en 1939 et où il a pris sa retraite en 1998, le paysage du l'Etat libre d'Orange (en anglais, Orange Free State) est aride et magnifique. Un désert sec entouré de montagnes rases, et la terre rouge qui s'étend le long d'interminables bandes de macadam ­ le décor du premier roman de Schoeman, Promised Land, adapté à l'écran en 2002.

Trompsburg est un de ces villages où on ne s'arrête pas si on n'y connaît personne. Une petite rue à la sortie de la bretelle d'autoroute, une station-service, une épicerie. Au bout, une école dont l'architecture hollandaise contraste avec le reste mais qui évoque tout de suite la présence du passé sud-africain avec lequel tout le monde essaie de composer. Sur le seuil, Schoeman est là, grand, maigre, une barbe blanche, des lunettes carrées, bien loin de l'image sulfureuse des photos. «Vous avez fait bon voyage ? Voulez-vous du thé ?» C'est une petite maison, au mobilier simple. Surprise, l'homme est charmant.

Adriaan, le po

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