Courrier clandestin assurant, pendant la guerre, la liaison entre le gouvernement en exil et la Résistance polonaise, Jan Karski, arrivé à Londres en novembre 1942, s'efforça de sensibiliser l'opinion publique alliée aux drames qui se jouaient à l'est, la Shoah notamment. Multipliant conférences et entretiens, articles et interventions, il entama surtout la rédaction d'un récit qui, publié aux Etats-Unis en novembre 1944, dépassa les 360 000 exemplaires. Présenté en France en 1948, cet ouvrage n'avait pas été réédité, lacune que comble aujourd'hui l'édition révisée que proposent deux bons spécialistes de la Pologne, Céline Gervais et Jean-Louis Panné.
Ce témoignage offre une remarquable description de la Résistance polonaise. Celle-ci a d'emblée visé à reconstituer, dans l'ombre, un contre-Etat, relié au gouvernement en exil et destiné à encadrer la population. S'appuyant sur une presse clandestine puissante, développant des structures d'enseignement parallèles pour contrer l'entreprise de dépolonisation conduite par les nazis, n'hésitant pas à éliminer les collaborateurs, ce mouvement s'efforça de maintenir, sous le joug, une vie politique associant, dans le respect de leur identité, les principaux partis de l'avant-guerre. Jan Karski participa directement à cette entreprise, en assurant surtout le lien entre l'extérieur et l'intérieur. C'est ainsi qu'il transporta des fonds et s'efforça, lors de ses voyages, d'informer les dirigeants exilés, le général Sikorski notamment, d




