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Libération

La saison des transferts

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Publié le 16/12/2004 à 3h31

En 1900, Sigmund Freud est un neurologue qui est en train d'inventer la psychanalyse. Dans l'Interprétation du rêve, il écrit que la «force de pulsion (du rêve) est toutes les fois un souhait à accomplir», un désir à réaliser. Dans les années 1980, le Britannique Marks Solms est un neurologue insatisfait. La neurobiologie reste une science très rudimentaire, totalement incapable de dire quoi que ce soit sur «les rapports du cerveau avec la personne. Même sur les émotions simples comme la peur, c'était très mécaniste». Pour étudier «l'esprit comme il est, la subjectivité», Solms se tourne vers la psychanalyse et devient analyste, sans abandonner la neurobiologie. Vingt ans plus tard, il n'a cessé de mettre les deux domaines en relation, travaillant particulièrement sur certains thèmes comme le rêve : «L'Inconscient, la répression, le déplacement, il y a tout dans le rêve.» En cherchant la zone du cerveau qui produit le rêve, Solms fait plusieurs découvertes (1). C'est cette même zone qui produit les hallucinations chez les psychotiques («les rêves sont des hallucinations que nous avons tous», dit-il) ; et les médicaments qui suppriment ces hallucinations agissent sur la dopamine, un neuromodulateur du cerveau qui intervient dans le «circuit du plaisir» ou de la «récompense» et qui contrôle désirs et appétits comme le sexe ou la faim. Le circuit neurologique du plaisir serait donc très lié au générateur des rêves. Ce qui nous ramène à Freud.

En mars dernier à La Nouvelle-Orléan

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