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Libération

Le témoignage

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Publié le 21/12/2004 à 3h34

Nous sommes à Paris, jeudi dernier, et il est 18 h 10. Un homme pousse la porte d'un bar. Il reste au comptoir. «Vous les avez vus passer, les académiciens, là ?» La serveuse le regarde, main sur la poignée du percolateur. «Non», dit-elle. «Les deux, là, vous les avez pas vus ?» «Non.» «C'était très très drôle», dit le client. Et il raconte. Valéry Giscard d'Estaing vient de se faire voler son bicorne, là, juste devant le café. Il était avec Jean d'Ormesson, en grande tenue, ils montaient dans un taxi quand deux jeunes ont dérobé le chapeau. Jean d'Ormesson a sorti son sabre. Les voleurs n'ont pas été rattrapés. Le client a tout inventé. C'est un piège. Il a filmé la serveuse en caméra cachée. Un peu plus tard, une fausse équipe de journal télé arrive, micro tendu et caméra (1).

Le faux journaliste pose son calepin sur le comptoir. «Bonsoir, on vient par rapport à ce qui s'est passé dans le quartier, là.» «Non, j'ai rien vu», répond la serveuse. «Vous pourriez nous montrer dehors comment... On va pas faire une reconstitution, mais juste...», insiste l'autre. «Non, mais moi, je sais pas comment ça s'est passé. Je sais qu'ils descendaient la rue Blanche...» «Mais justement, vous pouvez nous montrer, juste ?» Les voilà sur le trottoir, la serveuse témoignant dans le halo du projecteur. «Qu'est-ce que vous avez vu, exactement ?» Elle tend la main vers sa droite. «Ben, je les ai aperçus, mais c'est des clients qui venaient boire un café et qui m'ont dit...» L'autre la coupe. «Donc

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