Existe-t-il quelque part un caisson sensoriel sans Nicolas Sarkozy ? Le chef de l'UMP n'a normalement rien à voir avec cet atypique professeur en Sorbonne, plus connu pour ses théories lyriques sur les free parties que sur les partis politiques. Un récent livre (1) écrit à la gloire de l'invité-surprise permanent propulse pourtant Michel Maffesoli en théoricien involontaire, inconscient et incongru de la «praxis» sarkozienne. Sur trois pages, l'auteur associe mystérieusement le tonitruant et hyperpolitique Nicolas S. au discret et antipolitique Michel M.. Ce dernier y explique notamment que Sarkozy «est le membre du personnel politique qui perçoit le plus l'évolution de la société postmoderne, celle de l'être kaléidoscopique». Energie juvénile. Nomadisme électoral. Temps des tribus sociales et religieuses. A chaque communauté, son discours particulier. Tous les dadas maffesoliens réunis en un seul cobaye présidentiable.
Cet arbitraire attelage amuse beaucoup ceux qui fréquentent littérairement ou régulièrement ce dandy jouisseur, fraîchement sexagénaire. Anar-chic réputé, Maffesoli évite en général soigneusement l'ennuyeux monde politique. Il a bien envoyé ici ou là des notes à Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé ou à des conseillers de Lionel Jospin. Il compte bien dans son entourage deux ou trois fidèles amis politiques, de l'actuel ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, à l'élue socialiste parisienne Lyne Cohen-Solal. Sa production littéraire est hébergée désormais




