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Libération
Critique

Chevillard, le chant du guépard.

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Les impressions d'Afrique d'un écrivain en chambre.

Publié le 03/02/2005 à 0h21

Le livre s'appelle Oreille rouge pour la bonne raison que son héros s'appelle Oreille rouge, ce n'est pas son vrai nom, le vrai, on l'ignore, on a seulement idée du genre de prénom qu'il pourrait mériter : Jules, Alphonse ou Georges-Henri comme il est suggéré à la première page, ou Jules, Alphonse ou Louis-Marie ainsi qu'à trois pages de la fin on le suppose. Oreille rouge et Eric Chevillard ont au moins deux points communs (et une infinité d'autres que nous partageons à plusieurs, deux bras, deux jambes etc.) : ils sont nés en Vendée depuis une quarantaine d'années, ils ont voulu écrire un livre sur l'Afrique, peut-être celui que l'on vient de lire. Et un troisième : ni de l'un ni de l'autre on ne saurait dire s'ils sont allés ou non réellement à Bamako avant d'écrire le livre.

Dans le livre, on ne dit pas pourquoi son héros s'appelle Oreille rouge, pour le savoir il faut en ressortir et lire la quatrième page de couverture qui est, comme à chaque fois, du pur Chevillard et le meilleur résumé qu'on puisse en faire au risque de passer pour un paresseux en la recopiant longuement, mais, comme on dit aux Chiffres et aux lettres, pas mieux : «Cet écrivain aime sa chambre, sa table, sa chaise, dans la pénombre : on l'envoie en Afrique où sont les lions, dans le soleil. Que va-t-il chercher là-bas ? Un grand poème, dit-il. Ou ne serait-ce pas plutôt l'inévitable récit de voyage que tant d'autres avant lui ont rapporté ? On l'a déjà lu et relu. L'auteur va prétendre que des indigèn

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