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Libération
Critique

Capricorne c'est Þni.

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Le roman d'Yves Ravey est piégé: bien charpenté, il est bouffé de termites. A ne lire que deux fois.

Publié le 10/02/2005 à 0h29

Le septième roman d'Yves Ravey, Pris au piège, n'est pas aussi court qu'il paraît puisque, pour en tirer pleine satisfaction, il faut absolument le lire deux fois (au dam de l'éditeur, ces deux lectures peuvent se faire à l'aide du même exemplaire). On découvrira ainsi deux romans différents. Le premier raconte une histoire que l'on situe, pour connaître les habitudes de l'auteur, dans un quartier modeste de la périphérie de Besançon, rue Jouffroy-d'Abbans, à une époque où des Peugeot 202 circulaient encore mais étaient déjà démodées. Un jeune garçon dont on ne connaît pas l'âge, mais qu'on devine n'avoir guère passé les dix ans au regard des problèmes de géométrie de ses devoirs du soir, qui répond si on l'apostrophe au prénom de Lindbergh et dont le père se nomme Florian Carossa, est le narrateur du livre. On précise ces noms afin que les lecteurs du Drap, le roman précédent de Ravey, les reconnaissent, Lindbergh adulte en était déjà le récitant et y disait en termes poignants de simplicité la mort de son père. On retrouve donc ces deux-là et quelques autres deux ou trois décennies plus tôt, dépouillés de la dimension dramatique de l'agonie, mâtinée de l'espièglerie de l'enfance et de la détermination de la force de l'âge. L'intrigue de cette première lecture se construit autour de l'arrivée dans le quartier de deux personnes se présentant rue Jouffroy-d'Abbans comme des inspecteurs sanitaires qui vont convaincre, avec des moyens fort persuasifs, les riverains que les char

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