De ces textes qu'on lit d'ahan, de confiance et de fébrilité tant la langue qui les tend menace de se briser à la moindre inattention, au moindre repos, qu'elle a besoin pour vivre de notre oeil fiévreux de peur que le fil-de-fériste ne se fracasse au fond du vide, de ces textes on ne saurait dire s'ils sont des romans, des essais, des poèmes en prose ou des chants nécessaires, ces chants désespérés dont on a dit qu'ils étaient les plus beaux qu'ont certains auteurs pour survivre à leur art, à leur chute. On lit ainsi les livres de Pierre Michon, ses textes courts où il dit ses admirations, le regard humide, et qui ne parlent que de lui.
Foin de Michon, il s'agit ici de Michèle Desbordes et de Faulkner, même si le nom de William Cuthbert Faulkner n'apparaît qu'à la page 21 avec ce «u» surnuméraire qu'il a ajouté à celui de son arrière-grand-père, William Clark Falkner, autant pour lui ressembler un peu que pour s'en défaire, «le plus fou de tous (... forcément on prend la phrase en route) qui, non content d'être preux cavalier et héros de la guerre de Sécession, devint banquier, avocat et constructeur de chemins de fer, et cela fait non seulement commit des livres, un roman, la Rose blanche de Memphis qui eut plus de lecteurs à lui tout seul que Sherwood Anderson, Hemingway et l'arrière-petit-fils réunis, mais un jour d'hiver des années quatre-vingt, en un combat singulier, le meurtre d'un homme ; et quelques années plus tard on naîtra, arrière-petit-fils de son état, parmi l




