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L'éditeur israélien Andalus publie des textes arabes en hébreu.

Publié le 14/04/2005 à 1h46

Un nom comme un programme. Comme une nostalgie. Andalus. L'Andalousie de l'âge d'or judéo-musulmane, jusqu'à l'expulsion brutale, au XVe siècle, des fidèles de Moïse et de Mahomet par les rois très catholiques. Andalousie un peu mythique, et cependant réelle, qui vit poètes, musiciens, rabbins, oulémas, philosophes, traducteurs juifs et musulmans travailler ensemble, d'une langue l'autre. Depuis, dans les fureurs de l'histoire contemporaine, des deux côtés, beaucoup rêvent à un retour à ces temps idylliques.

Yaël Lerer, éditrice de Tel-Aviv, n'avait pas d'autre choix pour sa maison d'édition : Andalus. Militante de gauche, un temps porte-parole du député arabe israélien Azmi Bichara, et de son parti, Balad (le Pays), elle décide d'apprendre l'arabe. «J'étais active dans toutes sortes de réunions entre Juifs et Arabes, et elles se déroulaient toutes en hébreu. Je ne savais rien de la culture arabe, confie-t-elle. En découvrant l'arabe, toute une culture s'est ouverte devant moi.»

Très tôt, Yaël Lerer s'aperçoit que, depuis les années 30, seules 40 oeuvres arabes ont été traduites en hébreu. Elle fonde donc sa maison d'édition, en 2000, alors que l'Intifada commence à éclater, pour faire connaître des classiques arabes en hébreu. Et commence par un recueil de Mahmoud Darwich, le plus célèbre des poètes palestiniens, Pourquoi as-tu laissé le cheval seul ? (1 500 exemplaires vendus). Depuis, elle a publié 12 livres, avec un budget toujours en passe de sombrer, une aide mesurée d'U

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