Les relations qu'entretinrent, durant la Seconde Guerre mondiale, le chef de la France libre et le président des Etats-Unis ne furent pas des plus faciles. Encore s'agit-il d'un euphémisme puisque Charles de Gaulle se heurta, de bout en bout, à l'hostilité, déclarée ou sournoise, de Franklin Delano Roosevelt. Cette opposition pouvait se présenter, initialement tout au moins, comme un calcul réaliste. Plutôt que de soutenir un général inconnu et par surcroît indocile, Roosevelt préférait s'appuyer sur Philippe Pétain. Il espérait que le vainqueur de Verdun régulièrement investi par l'Assemblée nationale et soutenu par l'opinion publique pourrait résister aux exigences de l'Allemagne. Attente vaine, puisque le régime de Vichy, non content de collaborer avec le Reich, accueillit à coup de canon les soldats américains débarqués en Afrique du Nord, en novembre 1942. Cet épisode, pourtant, ne découragea pas le père du New Deal qui multiplia les manoeuvres pour contrecarrer le projet gaullien. Soutenant François Darlan, puis le général Giraud, il n'accorda qu'une reconnaissance limitée au comité d'Alger et refusa, avant octobre 1944, d'adouber le gouvernement provisoire de la République française.
Tenant de Gaulle tantôt pour une diva capricieuse, tantôt pour un apprenti dictateur, Roosevelt adopta donc une position intransigeante qui, au fil du temps, fut de plus en plus contestée. L'opinion publique alliée ne comprenait pas l'appui apporté au général Giraud qui maintint longte




