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Libération
Critique

L'Europe antisémite

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Une synthèse des dernières recherches sur la Shoah.

Publié le 21/04/2005 à 1h52

La déferlante commémorative célébrant la libération ou, si l'on préfère, la découverte d'Auschwitz a suscité un flot d'ouvrages, le plus souvent de qualité. Mais cet afflux de livres, parfois fort complexes, a pu dérouter un lectorat désirant avant tout une synthèse claire présentant les grands acquis d'une recherche en pleine expansion. Le livre que propose Robert Wistrich ­ professeur à l'université hébraïque de Jérusalem ­ répond parfaitement à cette attente. Revenant sur les conditions qui ont, avant 1933, contribué à répandre la haine antijuive en Allemagne (l'antisémitisme catholique notamment), l'auteur n'en souligne pas moins le tournant qu'imprima le nazisme, prompt à politiser, à déshumaniser et à diaboliser la figure du juif ­ amenant Adolf Hitler à identifier la guerre mondiale à une guerre entre les races. Pour des motifs de politique intérieure autant que de politique internationale, le régime, avant 1939, fit alterner mesures abjectes et phases de répit relatif. L'invasion de la Pologne modifia en revanche la donne, le Reich plaçant le meurtre de masse au coeur de ses pratiques, en multipliant les massacres d'abord puis en développant un complexe de camps d'extermination.

Chemin faisant, Robert Wistrich aborde les débats les plus brûlants. Rappelant, quoi que prétendent les anciens de la Wehrmacht, que l'armée allemande a soutenu le projet exterminateur, soulignant l'indifférence des Eglises ­ et leur ambivalence à l'égard du nazisme ­, il rappelle que les bour

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