Au moment où on souhaite le centenaire de la naissance de Sartre, ce livre vient très à propos rappeler l'atmosphère contrite qui régnait dans une partie du milieu intellectuel français de la fin des années 40. Le dénigrement, sans lien avec la critique littéraire ou philosophique, s'y pratique sans vergogne. En furent les premières victimes «Sartre et ses émules» : ainsi le très catholique François Mauriac se demande-t-il «s'ils relèvent de la psychiatrie ou de la littérature» et si un article de Simone de Beauvoir sur «L'initiation sexuelle de la femme» (extrait du futur Deuxième Sexe) a sa place dans la revue des Temps modernes. Pour réveiller une jeunesse qui risque, pense-t-il, d'être «victime d'une équivoque», Mauriac, via le Figaro Littéraire, lance une vaste enquête auprès «des jeunes esprits de toutes appartenances» : croient-ils que «le recours systématique, dans les Lettres, aux forces instinctives et à la démence, et à l'exploitation de l'érotisme qu'il a favorisé constituent un danger pour l'individu, pour la nation, pour la littérature elle-même, et que certains hommes, certaines doctrines en portent la responsabilité ?» On appréciera la neutralité de l'énoncé. Les réponses recueillies, offertes ici, accompagnées des réflexions sur le sujet d'hommes et de femmes de renom, réveillent en nos mémoires un Paris chrétien, dogmatique, frileux, tenant de l'ordre moral, que la force du souvenir du Paris de Saint-Germain-des-Prés, ici aussi présent, a recouvert d'un voi
Critique
Beauvoir mal vue.
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Un essai sur le scandale provoqué par «le Deuxième Sexe» qui allait devenir le livre fondateur du féminisme.
ParYannick Ripa
Publié le 23/06/2005 à 2h43
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